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Le fleuve Saint-Laurent est gorgé... de caféine

2018
30 juillet

Le fleuve Saint-Laurent est gorgé... de caféine
Simon Dessureault Le journal de Montréal. Publié le 27 juillet 2018 à 05:14 - Mis à jour le 27 juillet 2018 à 5:22

Une plongeuse qui travaille avec des chercheurs afin d’évaluer la qualité de l’eau du fleuve Saint-Laurent a été très surprise de la quantité de caféine que l’on y trouve.

Nathalie Lasselin, 47 ans, passe son été à plonger à une quarantaine d’endroits dans le Saint-Laurent entre l’Ontario et Trois-Rivières afin de documenter la qualité de l’eau et réaliser un film.

Elle travaille avec six chercheurs de l’Université de Montréal qui analysent les échantillons de l’eau. La recherche n’est pas encore terminée et les résultats ne sont pas tous connus, mais elle n’en revient pas de la concentration assez élevée de caféine qu’il y a dans l’eau du fleuve, autour de Montréal.

Fleuve caféine

«C’est une surprise pour moi et c’est une chose à laquelle je n’avais pas pensé», dit Nathalie Lasselin peu de temps après son excursion à la hauteur de Repentigny, dans Lanaudière la semaine dernière.

Consommation élevée

Alors qu’elle prévoyait notamment étudier la présence de résidus de médicaments, d’herbicides et d’autres produits chimiques, elle a en premier lieu constaté une importante quantité de caféine qui provient de l’urine des consommateurs de boissons énergisantes ou de café.

«Je pensais que le corps consommait la caféine et qu’il n’en rejetait pas, mais je me trompais, a dit Mme Lasselin. Le fait d’en retrouver des traces importantes dans le fleuve, ça démontre qu’on en consomme énormément.»

Mme Lasselin affirme que les usines de filtration ne sont pas équipées pour traiter la caféine rejetée dans l’urine des citoyens.

Selon Chantal d’Auteuil, directrice générale de l’Association des biologistes du Québec, il n’est pas surprenant qu’il y ait de la caféine dans le Saint-Laurent.

«La caféine libère des substances modifiées toxiques dans l’organisme des moules et des poissons qui en absorbent. Ça pourrait les affecter, mais on retrouve tout de même des micropolluants plus inquiétants qui affectent la reproduction des poissons», a-t-elle dit.

Agricole et urbain

Mme Lasselin a aussi constaté qu’il y a beaucoup plus de pesticides dans les zones rurales que près des villes. Elle a aussi noté qu’il y a plus de dérivés de médicaments en zone urbaine.

«À Montréal et en milieu urbain, en théorie, il est interdit d’utiliser des pesticides», a-t-elle expliqué.

La visibilité est cependant moins confortable à Repentigny, en raison de l’affluence de la rivière L’Assomption, très forte en sédiments. La visibilité est limitée à environ un pied, selon la plongeuse.