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De l'herbicide dans l'eau que l'on boit et dans les aliments?

2019
25 février

Faut-il revoir le processus d'homologation du glyphosate? 
Publi le lundi 18 février 2019 sur ici.radio-canada.ca 
Pour voir l'article intégral: https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1153043/glyphosate-homologation-etudes-sante-canada-industrie-herbicide-securitaire-nocif-dangereux-oms 

Le glyphosate, c'est la star des herbicides. Même si on le juge moins toxique que d'autres produits qu'il a remplacés, son utilisation à très grande échelle soulève des questions. Le glyphosate est aujourd'hui dans l'eau, dans les aliments que l'on mange et même dans notre urine. Plusieurs voix s'élèvent pour revoir son homologation.

En 2015, le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC), une agence de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), déclare le glyphosate génotoxique (peut endommager l’ADN) et « cancérigène probable » pour les humains. La nouvelle provoque une onde de choc. L’Europe, qui est en plein processus de réhomologation du glyphosate, est déchirée.

Les manifestations se succèdent. Plus d’un million de personnes signent une pétition demandant l’interdiction du produit. Le vote de la Commission européenne est remis à six reprises. Au lieu des 15 ans initialement prévus, les députés européens font preuve de prudence et réautorisent le glyphosate pour 5 ans seulement.

Des manifestants protestent à Bruxelles contre la prolongation de l'autorisation d'utilisation du Glyphosate dans les cultures.Des manifestants protestent à Bruxelles en novembre 2017 contre la prolongation de l'autorisation d'utilisation du glyphosate. Photo : Reuters / Yves Herman

Au Canada, l’annonce de la réhomologation du produit tombe en avril 2017 : le glyphosate est reconduit pour 15 ans, jusqu’en 2032. Santé Canada conclut que le glyphosate ne pose « probablement pas de risque pour le cancer humain ».

Mais pourquoi une conclusion aussi divergente de celle de l’agence de l’OMS? Pour plusieurs raisons.

D’abord, parce que le CIRC et Santé Canada n’ont pas regardé les mêmes études. L’agence de l’OMS s’est penchée seulement sur les études publiées dans des journaux scientifiques, des études publiques, révisées par des pairs. Les études financées par les compagnies de pesticides, souvent produites pour obtenir l’homologation d’un produit, ont été écartées.

Du côté de Santé Canada, on a retenu des centaines d’études confidentielles, qui proviennent principalement de l’industrie. Cette réalité a fait sursauter Louise Vandelac, la directrice du CREPPA, le Collectif de recherche écosanté sur les pesticides, les politiques et les alternatives.

Quand on s'est mis à regarder attentivement les documents, on s'est dit : “Mais ce sont essentiellement des documents non publiés, des documents secrets, auxquels on n'a pas accès”. Venant d'une industrie qui bénéficie de la décision, c'est quand même un peu anormal.

 Louise Vandelac, directrice du CREPPA